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Scientifiques se mobilisent & proposent une approche intégrée

pour préserver la biodiversité aquatique, de la source à l’océan

mer

Les scientifiques se mobilisent et proposent une approche intégrée pour préserver la biodiversité aquatique, de la source à l’océan

schema ecosysteme boundaries

 

Les mers et les cours d’eau du globe portent l’essentiel de la biodiversité de notre planète. Cette biodiversité s’érode aujourd’hui à un rythme sans précédent, sous l’effet de la pêche, du changement climatique ou de l’altération des habitats. Elle est aussi menacée par l’altération rapide des liens entre écosystèmes, liée aux activités humaines ; les polluants s’ajoutent aux nutriments dans les flux de matière, le débit des rivières est capté pour produire de l’énergie et arroser les champs, les barrages empêchent les poissons migrateurs de boucler leur cycle de vie.

Pour préserver la biodiversité aquatique, et les contributions essentielles qu’elle rend aux populations humaines, les scientifiques comme les gestionnaires ont besoin de comprendre les liens et dépendances entre écosystèmes. Dans un article paru cette semaine dans la revue BioScience, des chercheurs d’INRAE, de L’Institut Agro et de l’IFREMER, montrent que comprendre et gérer la biodiversité aquatique nécessite non seulement de prendre en compte les liens entre écosystèmes, mais aussi de franchir les barrières disciplinaires et juridiques qui fragmentent le paysage des acteurs à mobiliser

La préservation de la biodiversité aquatique nécessite de comprendre comment les écosystèmes interagissent à travers les transports d’énergie et de matériaux qui surviennent lorsque l’eau s’écoule le long des bassins versants, et lorsque des animaux (poissons, crustacés, insectes, etc.) migrent entre les milieux terrestres, les eaux douces et les eaux salées. Dans les années récentes, les scientifiques ont déployé des systèmes de surveillance des milieux aquatiques et de suivi individuel des déplacements des animaux. Ils ont développé des modèles intégrés des flux de matière et d’individus. La science de la biodiversité dispose ainsi des outils d’observation et des systèmes d’analyse qui améliorent grandement notre capacité à appréhender la complexité des liens entre écosystèmes. Les avancées dans ce domaine sont encore insuffisantes, mais elles sont essentielles. Ignorer la continuité des écosystèmes terrestres et aquatiques serait oublier que les flux abiotiques et biotiques conditionnent la biodiversité sur l’ensemble du continuum terre/mer. Par exemple, la réduction des débits fluviaux, liée aux politiques agricoles et à la gestion de l’eau, impactent la productivité biologique et la biodiversité des fleuves comme celle des côtes et des océans.

L’article des chercheurs de l’UMR DECOD (Dynamique et durabilité des écosystèmes : de la source à l’océan) fait le constat que les freins à une meilleure intégration des recherches et des politiques de gestion en matière de biodiversité aquatique sont de deux ordres. Premièrement, les recherches sont fragmentées par des frontières disciplinaires qui distinguent les écosystèmes : écologie terrestre, écologie des eaux douces et écologie marine restent encore des domaines trop séparés. Malgré des appels depuis 2010 à plus d’interdisciplinarité dans le domaine, la proportion d’articles qui traitent conjointement des trois types d’écosystèmes est faible (environ 2%) et n’a pas augmenté sur les 25 dernières années. A ces frontières disciplinaires il faut ajouter l’inextricabilité des frontières juridiques et la multiplicité des acteurs administratifs et politiques qui ont des pouvoirs d’agir en matière de milieux et de biodiversité aquatiques, et ce, à toutes les échelles d’organisation des territoires. Améliorer les connaissances en matière de biodiversité aquatique et des contributions qu’elle rend aux populations nécessite donc non seulement d’intégrer que les écosystèmes sont en interaction, mais aussi que la science doit s’affranchir de ses frontières disciplinaires. C’est précisément ce que cherchent à faire les chercheurs de l’UMR DECOD. Mais, dans le même temps, les politiques doivent s’organiser pour une vision cohérente et intégrée des milieux aquatiques.

 

Référence :

Petit EJ et al. 2026.A global perspective on the land-freshwater-sea continuum is urgently needed for preserving aquatic biodiversity and associated services. BioScience : biag134. https://doi.org/10.1093/biosci/biag134

 

Contact

Eric Petit : eric.petit@inrae.fr

Olivier Le Pape : olivier.le.pape@institut-agro.fr

Verena Trenkel : verena.trenkel@ifremer.fr

 

 

 

Publié le : 22/09/2026