Réserver la bande côtière aux navires de moins de 24 m ?
Evaluation pour accompagner la transition écologique&sociale des pêches
Une évaluation réalisée dans le cadre du projet TransiPêche, pour accompagner la transition écologique et sociale des pêches
Le programme TransiPêche vise à produire des connaissances utiles pour éclairer et accompagner la nécessaire transition écologique et sociale du secteur des pêches. Il est mené sous la responsabilité scientifique de l’Institut Agro, en partenariat avec le MNHN, et au sein d’un groupement de recherche qui associe les chercheurs et des partenaires de la société civile (Association Bloom et Shift Project).
Les études menées dans le cadre de ce projet ont montré que la petite pêche côtière (navires de moins de 12 mètres) crée plus de richesse économique et d’emplois directs, par tonne produite, que les navires de pêche industrielle (navires > 24 mètres) (Quemper et al., 2025). Il existe donc une rationalité économique et sociale à réserver les ressources de la bande côtière aux petits bateaux. Cette éventualité, qui peut être décidée à l’échelle nationale, est aujourd’hui supportée par différentes organisations professionnelles et ONG environnementales ; elle a fait récemment l’objet de plusieurs projets législatifs ou réglementaires.
La présente note vise donc à éclairer les débats en cours. Elle dresse un premier état des lieux et évalue les enjeux et conséquences d’une éventuelle mesure d’exclusion des navires industrielles de plus de 24 m de la bande côtière française. Les captures des différentes flottilles, françaises et étrangères, opérant dans cette zone sont estimées à partir de la base de données européenne dite FDI (statistiques de capture par espèce et carrée statistique) et des données AIS (positionnement satellitale de l’effort de pêche).
En valeurs moyennes sur la période 2022-2024, les captures annuelles en bande côtière sont ainsi estimées à 117 000 tonnes, dont 11 300 tonnes (soit 9,7%) pour les navires de plus de 24 mètres. Ces flottilles industrielles regroupent principalement des chalutiers démersaux de 24-40 m et des chalutiers pélagiques de plus de 40 m. Elles sont majoritairement étrangères et réalisent moins de 1% de leurs captures totales au sein de la bande côtière française, dont elles sont donc peu dépendantes. Les impacts les plus forts sont observés dans la région des Hauts-de-France et en Aquitaine, où les flottilles industrielles représentent respectivement 45,5 % et 24,5 % des captures côtières totales.
Euriat L., Mouillard R., Gascuel D., 2026 - Sanctuariser la bande côtière pour les navires de moins de 24 mètres? Note d’avancement du programme Transipêche, Rapport Institut Agro, 15 pp. DISPONIBLE ICI
